Comprendre la mécanique et les cycles d’ouverture et de fermeture de fissures

Mise à jour du 09/02/2026

Les fissures observées sur une maison ou un immeuble ne traduisent pas toujours un phénomène statique ou définitivement installé. Lorsque les terrains d'assise sont à dominante argileuse, certains désordres évoluent selon un rythme saisonnier, avec des variations visibles d’une période à l’autre.

Ces mouvements, parfois discrets, parfois marqués, interrogent légitimement les occupants : pourquoi une fissure apparaît-elle ou s’élargit-elle à certaines périodes de l’année ? Faut-il s’alarmer lorsqu’elle se referme partiellement ? S’agit-il d’un simple mouvement du sol ou d’un déséquilibre plus profond de la structure ?

L’observation de ces alternances d’ouverture et de fermeture constitue un élément clé dans l’analyse des fissurations. Leur compréhension conditionne la capacité à distinguer un phénomène réversible d’un désordre évolutif, à apprécier le niveau de risque réel et à déterminer si une intervention doit être envisagée et à quel moment.

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Comprendre la mécanique et les cycles d’ouverture et de fermeture de fissures

L'évolution de fissures symptomatiques de cycles RGA

Le RGA signifie Retrait et Gonflement des Argiles. C’est un risque naturel lié à la présence d’argile dans le sol sensible aux conditions hydriques. Les sols argileux ont la particularité de :

  • Gonfler en période humide (absorption d’eau).
  • Se rétracter en période sèche (évaporation de l’eau).

Les variations observées sur certaines fissures s’inscrivent généralement dans un mécanisme progressif, directement lié aux échanges d’eau entre le sol et son environnement. Ce fonctionnement repose sur 2 séquences distinctes, étroitement dépendantes des conditions climatiques.

Comment l'argile peut-elle engendrer des fissures ?

Période de sollicitation maximale : ouverture des fissures

Lors des épisodes secs et chauds, le sol argileux est soumis à une perte d’humidité importante.

Cette déshydratation est accentuée par l’évaporation, le manque de précipitations et l’action des systèmes racinaires à proximité des bâtiments. Le terrain se contracte de façon hétérogène, entraînant des déplacements différentiels au droit des fondations. Ces mouvements se traduisent alors par l’élargissement de fissures préexistantes, voire par l’apparition de nouveaux désordres.

Phase de rééquilibrage hydrique : fermeture des fissures

À l’inverse, le retour des pluies et des conditions plus humides permet au sol de se réhydrater. Cette reprise en eau provoque une augmentation de volume partielle du terrain, susceptible de réduire temporairement les déformations observées sur la structure. Les fissures peuvent alors se resserrer, sans pour autant retrouver systématiquement leur état initial.

Il convient toutefois de souligner que ces phases successives ne s’annulent pas parfaitement. Une fraction des déformations peut s’accumuler d’un cycle à l’autre, conduisant à une évolution lente mais continue des désordres. Ce mécanisme progressif est souvent à l’origine d’une aggravation différée, parfois difficile à percevoir sans suivi dans le temps.

Cas particulier des fissures liés à un affaissement hydromécanique du sol

Suivre et mesurer l’évolution des fissures

L’analyse des fissures ne peut se limiter à une observation ponctuelle. Pour caractériser leur comportement et apprécier leur évolution réelle dans le temps, la mise en place d’un suivi métrologique est indispensable.

Plusieurs dispositifs existent, allant de solutions simples de détection à des instruments de mesure de haute précision, chacun répondant à des objectifs d’analyse spécifiques.

Comment mesurer l'évolution d'une fissure sur une maison ?

Les témoins de fissures traditionnels

Les témoins traditionnels, le plus souvent réalisés en plâtre ou en mortier, constituent une approche élémentaire du suivi des fissures. Appliqués à cheval sur le désordre, ils se rompent en cas de déplacement relatif des lèvres.

S’ils permettent de confirmer qu’un mouvement est en cours, ces dispositifs ne fournissent aucune information chiffrée ni indication sur la nature ou l’amplitude du déplacement. Leur utilisation reste donc limitée à une détection qualitative, généralement en amont d’un suivi instrumenté plus précis.

Le fissuromètre

Le fissuromètre, également appelé jauge de fissure, est l’outil de référence pour le suivi courant des désordres du bâti. Il se compose le plus souvent de deux plaquettes graduées, fixées de part et d’autre de la fissure, dont le déplacement relatif permet d’objectiver les mouvements.

Selon les modèles, il permet de mesurer :

  • l’ouverture de la fissure,
  • les déplacements longitudinaux entre les deux lèvres,
  • les éventuels décalages verticaux.

Avec une précision généralement de l’ordre du dixième de millimètre, le fissuromètre est particulièrement adapté à un suivi régulier dans le temps. Des relevés périodiques, le plus souvent mensuels, sur une durée minimale de douze mois, permettent de distinguer un comportement stable, cyclique ou évolutif.

Il existe sur le marché plusieurs types de fissuromètres. Les modèles mécaniques, comme la Jauge Saugnac, reposent sur un système en PVC permettant de mesurer avec fiabilité l’ouverture des fissures dans un plan principalement horizontal. Les relevés peuvent être effectués par un expert ou, dans certains cas, par le propriétaire ou l’occupant.

Des dispositifs plus avancés, notamment les jauges connectées proposées par Saugnac ou Feelbat, offrent une précision accrue, pouvant atteindre le centième de millimètre. Plus coûteuses, ces solutions sont généralement réservées aux suivis techniques approfondis, aux expertises judiciaires ou aux situations nécessitant une traçabilité fine des mouvements sur le long terme.

L’extensomètre

L’extensomètre est un capteur électronique destiné au suivi continu des fissures. Installé entre deux points fixes de part et d’autre du désordre, il enregistre automatiquement les variations de distance et transmet les données à une unité d’acquisition.

Ce type d’instrumentation présente plusieurs avantages déterminants :

  • mesure en continu sans intervention humaine,
  • très haute précision,
  • analyse fine de l’évolution dans le temps,
  • possibilité de corrélation avec des données environnementales (température, pluviométrie),
  • détection de mouvements rapides ou d’accélérations anormales.

L’extensomètre est particulièrement adapté lorsque l’objectif est de caractériser précisément la cinétique des déplacements et d’objectiver l’évolution d’un désordre complexe.

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