La méthodologie de suivi des fissures conseillée par les experts bâtiment et bureaux d'étude
Mise à jour du 09/02/2026
- Comprendre pourquoi le suivi des fissures est une étape clé avant toute réparation ou déclaration de sinistre
- Identifier les protocoles de suivi réellement utilisés et attendus par les experts bâtiment, assureurs et bureaux d’étude
- Disposer d’une méthodologie fiable pour objectiver l’évolution des désordres et sécuriser les démarches techniques, assurantielles ou judiciaires
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Synthèse des protocoles de suivi des fissures selon le contexte
| Situation observée | Objectif du suivi | Dispositif recommandé | Durée indicative | Exploitation des données |
|---|---|---|---|---|
| Fissures sans cause clairement identifiée | Déterminer si la fissure est active ou stabilisée | Fissuromètre mécanique (type Saugnac G1 ou Feelbat Delta L) | 12 à 24 mois | Expertise fissures, discussions avec l'expert de l’assurance |
| Fissures liées à un contexte saisonnier (sécheresse / humidité) | Objectiver l’impact des cycles climatiques | Fissuromètre mécanique avec relevés réguliers | Minimum 12 mois | Assurance (DO, décennale, CAT NAT), contentieux judiciaires |
| Mouvements complexes (rotation, cisaillement, basculement) | Qualifier la nature réelle des déplacements | Jauges spécifiques ou solutions connectées | Adaptée au diagnostic | Étude de sol, étude structure |
| Étude de sol G5 envisagée | Corréler mouvements du bâti et comportement du sol | Jauges posées par le bureau d’étude | Suivi coordonné à l’étude | Diagnostic géotechnique et préconisations |
Le suivi sur 12 mois avec un fissuromètre mécanique (protocole simplifiée)
Avant d’envisager toute réparation, de nombreux experts en pathologie du bâtiment recommandent la mise en place d’un suivi des fissures sur une durée minimale de 12 mois, voire 24 mois.
Cet intervalle permet de couvrir au moins un cycle saisonnier complet et d’objectiver le comportement de la fissure : stabilisation, évolution progressive ou mouvements actifs.
Ce suivi est généralement indispensable dans le cadre de discussions avec un assureur, notamment pour la mobilisation d’une garantie (garantie dommages-ouvrage / décennale ou catastrophe naturelle). Il en va de même pour les litiges portés devant les tribunaux, qu’il s’agisse d’une action contre un assureur ou d’un tiers (par exemple au titre d’un vice caché).
En l’absence de dispositif instrumenté connecté, la préconisation la plus fréquemment formulée dans les rapports d’expertise consiste à mettre en œuvre un fissuromètre mécanique type Saugnac, avec un relevé manuel mensuel des valeurs, sur une durée de 12 à 24 mois.
Cette méthode permet d’obtenir des premières données intéressantes pour apprécier l’évolution réelle du désordre et étayer une analyse technique ou assurantielle.
Les désordres liées à une problématique de sol (protocole plus précis et fiable)
Une part importante des sinistres affectant les maisons individuelles trouve son origine dans une problématique de sol. Celle-ci peut résulter d’une cause accidentelle (fuite de réseau, défaut de drainage, modification des écoulements) ou d’un phénomène exceptionnel, comme les mouvements de sols argileux liés aux cycles de sécheresse et de réhydratation.
Dans ce contexte, la démarche de diagnostic doit être progressive et cohérente. Après une expertise des fissures, elle se poursuivre par des investigations ciblées sur les réseaux (recherche de fuite, contrôle des évacuations et des eaux pluviales).
Lorsque l’origine du désordre reste incertaine ou que les mouvements observés sont significatifs, la réalisation d’une étude géotechnique de type G5 s’avère le plus souvent nécessaire.
Choix des dispositifs de suivi des fissures
Les jauges mécaniques, telles que les jauges Saugnac de type G1, sont couramment utilisées. Il existe également les jauges Feelbat (pack DELTA L). Elles permettent de mesurer l’ouverture ou la fermeture d’une fissure et constituent un premier niveau de suivi simple et fiable.
Cependant, ce type de jauge peut s’avérer insuffisant pour caractériser certains modes de déplacement plus complexes, tels que :
- la rotation,
- le cisaillement,
- le désaffleurement,
- le basculement.
Pour un diagnostic plus complet, d’autres types de jauges ou technologies de mesure peuvent être proposés (jauges connectées par exemple), en fonction du contexte, par le bureau d’études chargé du diagnostic G5 des sols.
Lorsque la réalisation d’une étude G5 est envisagée à court terme, il est recommandé de confier la pose des jauges directement au bureau d’études géotechniques, afin d’assurer une parfaite cohérence entre le dispositif de suivi et l’analyse du sol.
Mise en œuvre et exploitation des relevés des fissuromètres
Si vous choisissez de poser vous-même les jauges, ou d’en déléguer la pose à une entreprise spécialisée, les jauges mécaniques peuvent être commandées sur le site de référence : https://www.fissurometre.fr/
Afin que les mesures puissent être exploitées ultérieurement, notamment dans le cadre d’une étude G5, il est indispensable de consigner l’ensemble des relevés dans l’application du fabricants de la jauge.
Protocole de relevés recommandé par les bureaux d'étude sol
Les bureaux d'étude spécialisé dans des diagnostics après sinistre préconisent d’adapter la fréquence des relevés à la gravité du désordre observé. C'est le cas d'ARMASOL qui fait partie du collectif Koudepouce / Fissuration.
- Phase initiale : 1 relevé par semaine.
- En l’absence de mouvement significatif : passage à 2 relevés par mois, puis à 1 relevé mensuel.
- En cas d’événement climatique notable : relevés complémentaires à J, J+1 et J+2 (ex. fortes pluies, épisodes de chaleur intense ou de gel).
Nos équipes se tiennent à votre disposition pour vous accompagner à chaque étape du suivi des fissures, comme lors des phases de diagnostic (expertise bâtiment, recherche de fuite, étude de sol G5, étude structure).
Contactez-nous pour un accompagnement adapté à votre situation