Réparation de maison fissurée : pourquoi certaines solutions ne tiennent pas dans le temps ?
Mise à jour du 28/01/2026

Sinistres de deuxième génération ou quand les fissures réapparaissent après les travaux
Les fissures structurelle peuvent être grave pour l'intégrité du bien et la sécurité des personnes. Lorsqu'elles apparaissent ou évoluent sur une maison, l'épreuve peut être difficile à vivre.
Mais lorsque les désordres réapparaissent après des travaux censés les corriger, le sentiment d’incompréhension, voire d’injustice, est encore plus fort.
Ces situations portent un nom : les sinistres de deuxième génération.
Ils sont plus fréquents qu’on ne l’imagine, notamment dans les contextes de mouvements de sol (argiles, sécheresse, réhydratation, hétérogénéité des terrains).
Nous avons fait un article à ce sujet : Pourquoi les fissures reviennent-elles après réparation ?
Découvrez ci-dessous l'avis de Yoann Glasson en charge du collectif Koudepouce / Fissuration.
Synthèse des erreurs sur les sinistres de seconde génération et les solutions
| Situation observée | Erreur fréquente | Pourquoi ça peut ne pas fonctionner | Conséquences possibles | Bonne pratique recommandée |
|---|---|---|---|---|
| Fissures rebouchées | Traitement uniquement esthétique | Les causes géotechniques et structurelles ne sont pas identifiées ni traitées | Réapparition rapide des fissures | Diagnostic préalable des causes et solution visant à traiter le mécanisme réel du désordre |
| Harpage de fissures (agrafes) | Intervention sur le bâti sans action sur le sol | Le mouvement du terrain se poursuit et continue de solliciter la structure | Fissures nouvelles ou aggravées | Étude de sol adaptée et analyse du mécanisme de mouvement |
| Densification des sols par résine expansive | Sol inadapté (plasticité élevée, argiles sensibles) | Mauvaise diffusion de la résine et comportement volumétrique du sol non maîtrisé | Terrain d’assise non stabilisé, portance hétérogène | Vérification préalable de l’aptitude du sol, solution alternative ou combinée selon le contexte géotechnique |
| Reprise en sous-œuvre | Absence de confinement horizontal des argiles | Les actions verticales seules ne suffisent pas à limiter les variations volumétriques du sol | Tassements différentiels et déplacements de la structure | Solution globale associant mesures verticales, confinement des sols et renforcement structurel |
| Travaux réalisés sans étude | Arbitrage économique à court terme | Hypothèses techniques incomplètes ou erronées | Sinistre de seconde génération | Étude géotechnique et étude de structure indispensables avant toute intervention |
| Micropieux | Dimensionnement fondé sur une étude G2 / G5 insuffisante | Les paramètres géotechniques et structurels retenus ne reflètent pas fidèlement le sol et son comportement réel | Sous-dimensionnement, transferts de charges inadaptés, déplacements résiduels | Étude intégrant l’historique des désordres, le comportement à long terme du sol et une analyse structurelle complète |
| Solutions verticales lourdes | Confiance excessive dans la technique | Les causes globales du sinistre ne sont pas toutes prises en compte | Désordres résiduels ou nouveaux | Prise en compte de l’ensemble des facteurs sinistrants (sol, structure, environnement) |
| Absence de suivi après travaux | Absence de mise en observation | L’évolution lente des désordres passe inaperçue | Découverte tardive et aggravation des désordres | Mise en place d’un suivi instrumenté (fissuromètres, relevés périodiques) |
| Environnement modifié (eau, végétation) | Facteurs extérieurs négligés | Modification des conditions hydriques et mécaniques du sol | Désordres imprévus ou différés | Analyse environnementale complète et intégration des interactions sol / bâti |
Et lorsque le sinistre revient en dépit des réparations, que faire ?
Être confronté à un sinistre de seconde génération n’est jamais anodin. La réapparition de fissures après des travaux soulève des questions techniques, mais aussi des enjeux de responsabilité.
Avant d’envisager de nouveaux travaux, il est essentiel de :
- objectiver la situation par une expertise technique indépendante,
- identifier précisément les causes résiduelles ou nouvelles du désordre,
- évaluer les risques d’évolution et la pertinence des solutions déjà mises en œuvre.
Cette analyse permet non seulement d’éviter de répéter des réparations inefficaces, mais aussi de déterminer si des responsabilités peuvent être engagées : entreprise, maître d’œuvre, assureur, ou cadre de garanties existantes (décennale, dommages-ouvrage, assurance habitation).
Dans certains cas, l’expertise technique constitue également un élément clé dans un dossier juridique, en apportant des constats objectifs et techniquement fondés pour éclairer les décisions à venir.
Face à un sinistre de seconde génération, ne pas rester seul et ne pas agir dans la précipitation est souvent la meilleure protection.
S’entourer de compétences techniques et, si nécessaire, juridiques permet de sécuriser la suite, tant sur le plan des travaux que sur celui des droits du propriétaire.
